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02 novembre 2011

SUR DES CAHIERS, LES COMPTES OCCULTES

La campagne présidentielle de François MITTERAND en 1988 mobilisa les " bureaux d'études " considérés comme les " pompes à fric " du PS. Les enquêteurs en eurent la preuve l'année suivante lors d'une perquisition dans les locaux d'un de ses bureaux, Urba-Gracco, à Marseille. Ils saisirent alors des cahiers d'écoliers dans lesquels un cadre, Joseph DELCROIX, avait noté, réunion après réunion, tous les éléments liés au financement occulte : les dates, les sommes, les noms des personnalités socialistes concernées.

L'Elysée est omniprésent dans ces documents. Dès le 30 mars 1987, DELCROIX écrit : " Maintenant il faut penser aux présidentielles. " Le 11 mai de la même année, les besoins sont chiffrés : 100 millions de francs, dont 25 millions à la charge d'Urba-Gracco. le 26 octobre, il dresse une liste d'entreprises auxquelles, dit-il, " on pourrait soutirer de l'argent ": Bouygues, Spie Batignolles, Compagnie générale des eaux ...

En 1988, la campagne du président fut en partie payée grâce à des sociétés qui servirent de " pompe à fric ". Un système révélé par l'inspecteur Antoine GAUDINO. Souvenirs :

La droite n'a jamais eu le monopole des dérives financières. La gauche, elle aussi, a eu recours . En toile de fond : sa campagne victorieuse de 1988, en partie financée par de l'argent noir grâce à des circuits occultes. A la fin des années 1980, le Parti Socialiste se retrouva ainsi au coeur d'une enquête conduite à Marseille par deux inspecteurs de la section financière du service régional de police judiciaire. L'un d'eux, Antoine GAUDINO, en fit l'affaire d'une vie et le thème d'un best-seller, " L'Enquête impossible ". Un homme y tient un rôle central : le président de la république François MITTERAND.

En toile de fond : sa campagne victorieuse de 1988, en partie financée par de l'argent noir. Il avait lui même mis en place ce système dès le congrès d'Epinay, en 1971. Deux lois d'amnistie votées en 1988 et 1989, permirent aux dirigeants socialistes de s'en tirer in extremis dans le volet marseillais du scandale. GAUDINO, lui, est écarté de la police après publication de son livre. " Sous le contrôle de l'Elysée, le travail de la justice a été entravé ". Les verrous finiront par sauter au début des années 1990. L'affaire rebondit alors dans l'ouest de la France sous l'impulsion de juges très pugnaces, d'abord THIERRY Jean-Pierre, puis un certain Renaud VAN RUYMBEKE.

D'un autre coté le Parti communiste d'Union Soviétique allouait chaque année 20 millions de dollars aux " Partis frères ". La campagne d'André LAJOINIE, en 1988 a bénéficié d'une partie de cette manne consentie par Mikhaïl GORBACHEV au Parti communiste Français à hauteur d'un million de dollars. Le PCF qui a toujours prétendu vivre sur les cotisations de ses militants et de ses élus, recevait environ 2 millions de dollars. Sans compter les rallonges, en période d'élections.


V U / Philippe B R O U S S A R D - L'E X P R E S S

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